Mardi 28 avril 2009
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20:11
Je remonte le moral de mon frère qui vit à l'autre bout du monde et à qui l'on manque. Puis je raccroche et je pleure.
Car oui, je le sais, moi, que "le temps qui passe ne se rattrape guère"...que "le temps perdu ne se rattrape plus"...Il le reconnaît lui-même, il manque des événements grands et petits,
des fêtes de famille..Voir les neveux grandir et Maman vieillir..Lui qui, comme il le rappelle avait une place si grande dans notre famille, aimé, trop (?) aimé par Maman, adulé par moi, la petite
soeur, jalousé par la grande soeur...et aimé, adulé et jalousé par Papa...
Alors oui, nous sommes tous si heureux, qu'il ait enfin rencontré la femme de sa vie. Des années à l'attendre, des années à perdre confiance en soi, confiance en l'avenir...Heureux qu'il soit lui,
enfin heureux. Et pourtant, il sera "condamné" à vivre là-bas. Au moins là pendant les 5 voire 10 prochaines années.
Quand il est parti, nous étions si proches. En 2000. C'est aussi l'année où je suis partie à Barcelone, alors ça a été plus facile à vivre. Mais quand même, quel choc dans nos vies. Et puis c'est
si loin...le décalage horaire, les 11h d'avion si fatigantes et longues...Non, en fait, nous avons commencé à nous éloigner quand il préparait son départ. Quand non, il ne pouvait pas traverser
Paris pour nous voir car nous habitions trop loin. Il commençait à déserter le dîner le vendredi soir. Il n'avait plus beaucoup de temps pour nous, mais assez pour aller jouer au bois de Boulogne
avec les enfants de sa copine...Oui, je sentais que l'on s'éloignait.
Et puis, j'ai vécu ma petite vie à Barcelone libre, indépendante. Je l'appelais de temps en temps et on parlait. Je me souviens d'une fois où j'avais eu un coup de blues à cause d'une engueulade
avec J (nous sommes restés qqes mois ensemble). Je l'avais appelé, il m'a conseillée, consolée, il s'est montré disponible c'est vrai.
En rentrant à Paris, ce fut horrible. La fin d'une vie géniale. Et en novembre, la nouvelle qui tombe : la maladie de Papa et la spirale infernale.
Ph a toujours essayé d'être présent, mais moi je sais que ce que nous avons vécu, ici à Paris, jamais il ne saura ce que cela a été. Jamais. Nous avons tous (y compris lui bien sûr) été le plus
courageux possible. C'était dur. Mais Ph était loin quand même.
Alors le temps est passé, la vie a suivi son cours...et nous avons appris à vivre sans Papa et loin de Ph.
Je me suis construite à 26 ans avec ces deux absents dans ma vie. Mes deux hommes. Parfois, j'ai perdu mes repères. Je m'enfermais soit dans des relations impossibles soit dans des
relations "béquilles". Au niveau professionnel, je n'ai pas réussi à trouver la stabilité, mais lorsque le chagrin de perdre son Père est trop intense, il est dur de trouver un boulot...
Aujourd'hui, j'ai rencontré l'homme de ma vie. Jamais mes deux hommes ne le connaîtront comme j'aurais aimé qu'ils le connaissent. Grâce à lui, j'ai retrouvé des repères et il m'aide au jour le
jour à trouver mon chemin.
Mais oui, mon Frérou, tu loupes plein de choses ici. Alors, "dis, quand reviendras-tu?"
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